{"id":1691,"date":"2023-10-07T14:39:36","date_gmt":"2023-10-07T12:39:36","guid":{"rendered":"http:\/\/theatreinprogress.ch\/?p=1691"},"modified":"2024-01-15T17:00:55","modified_gmt":"2024-01-15T15:00:55","slug":"dossier-critique-2-brainwaves","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/?p=1691","title":{"rendered":"Dossier critique 2: \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800080;\"><strong>DOSSIER CRITIQUE 2<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Performance immersive \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb r\u00e9alis\u00e9 par RGB Project<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Dossier coordonn\u00e9 par Gemma ARDUINI<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #008080;\"><strong><em>CRITIQUES. Regard sur la technologie dans le spectacle vivant. Carnet en ligne de Theatre in Progress avec Comit\u00e9 de lecture (pour Dossier critique 2 : Gemma Arduini, Claude Beyeler, Allan Kevin Bruni, Lola Mukuna, Anne-Charlotte Neidig, R\u00e9becca Pierrot, Izabella Pluta)<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<blockquote>\n<h5><strong>COMPOSITION DU DOSSIER CRITIQUE 2:<\/strong><\/h5>\n<h5><strong>Critique 1. Gemma ARDUINI\u00a9: \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb, un spectacle immersif entre deux mondes<br \/><\/strong><\/h5>\n<h5><strong>Entretien avec Estelle Bridet: \u00ab\u00a0Jouer avec un avatar virtuel\u00a0\u00bb, r\u00e9alis\u00e9 par Gemma ARDUINI\u00a9<\/strong><\/h5>\n<h5><strong>Critique 2. Lola MUKUNA\u00a9: \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb ou l\u2019exp\u00e9rience immersive aux strates de r\u00e9alit\u00e9s plurielles : tangible, m\u00e9di\u00e9e et virtuelle<\/strong><\/h5>\n<\/blockquote>\n<p><strong><span style=\"color: #808080;\">Performance immersive \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb,<\/span> <span style=\"color: #808080;\">conception : RGB Project, mise en sc\u00e8ne: Christophe Burgess, jeu: Estelle Bridet et Lisa Courvallet, design num\u00e9rique: ZEROTERA, sc\u00e9nographie: Lucie Meyer, costumes: Ana Romero, musique: Jamel Cencio, r\u00e9gie: Cyprien Rausis et ZEROTERA, soutien scientifique: Izabella Pluta, premi\u00e8re: novembre 2021, Th\u00e9\u00e2tre Les Halles, Sierre (Suisse)<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><!--more-->***<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #800080;\">\u2044\u2044\u2044 Critique 1.<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb, un spectacle immersif entre deux mondes<\/strong><br \/><strong>Auteure: Gemma ARDUINI\u00a9<\/strong><\/p>\n<p>Un bouleversement visuel et po\u00e9tique. Voil\u00e0 ce que je me suis dit \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 la pi\u00e8ce a pris fin. \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb raconte l\u2019histoire d\u2019Ivy, une jeune femme souffrant du syndrome de l\u2019enfermement, qui consiste en une paralysie presque compl\u00e8te de la personne, n\u2019affectant pas la conscience, ni les fonctions cognitives. Bien que cloitr\u00e9e dans le cocon qu\u2019impose sa maladie, une technologie neuronale dirig\u00e9e par l\u2019agence m\u00e9dicale MOTUM lui permet d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une nouvelle libert\u00e9 dans laquelle elle peut \u00e9voluer sans le poids de sa paralysie. N\u00e9anmoins, Ivy prend go\u00fbt \u00e0 cette mouvance et d\u00e9cide de se d\u00e9tacher des c\u00e2bles que MOTUM lui impose. Le public est t\u00e9moin de cette situation gr\u00e2ce aux casques de r\u00e9alit\u00e9 virtuelle, qui permettent d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019esprit et au monde contr\u00f4l\u00e9 par Ivy. Ainsi, guid\u00e9s par la voix et l\u2019imaginaire de la protagoniste, les spectateurs s\u2019\u00e9vadent pendant un peu plus d\u2019une trentaine de minutes dans un univers onirique. Th\u00e9\u00e2tre et technologie s\u2019entrem\u00ealent dans cette pi\u00e8ce en proposant un panorama in\u00e9dit de leurs utilisations conjointes.<\/p>\n<p>Ce spectacle innovant, mont\u00e9 par le RGB Project, jeune groupe valaisan, a \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9 et construit par une \u00e9quipe d\u2019artistes, com\u00e9diens et graphistes. La mise en sc\u00e8ne et l\u2019\u00e9criture sont tenues par Christophe Burgess et le r\u00f4le de Ivy est jou\u00e9 en alternance par Estelle Bridet et Lisa Courvallet. Les d\u00e9cors et le syst\u00e8me sonore, \u00e9tant des facteurs clefs de cette pi\u00e8ce, sont con\u00e7us par une \u00e9quipe technique artistique : Lucie Meyer ; ZEROTERA et Ana Carina Romero pour le d\u00e9cor, et Djamel Cencio et Cyprien Rausis pour le syst\u00e8me sonore. La premi\u00e8re repr\u00e9sentation du spectacle a eu lieu au Th\u00e9\u00e2tre Les Halles \u00e0 Sierre le 6 novembre 2021. D\u00e9sormais, plonger dans le monde d\u2019Ivy est possible lors de certaines occasions, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas du Numerik Games Festival \u00e0 Yverdon-les-Bains, \u00e0 la fin d\u2019ao\u00fbt 2022.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-1724\" src=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Brainwaves_DR.jpg\" alt=\"\" width=\"1359\" height=\"768\" srcset=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Brainwaves_DR.jpg 1359w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Brainwaves_DR-300x170.jpg 300w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Brainwaves_DR-1024x579.jpg 1024w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Brainwaves_DR-768x434.jpg 768w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Brainwaves_DR-1260x712.jpg 1260w\" sizes=\"(max-width: 1359px) 100vw, 1359px\" \/><br \/><strong><span style=\"color: #808080;\">Actrice (Lisa Courvallet) jouant Ivy. Phot. C\u00e9line Ribordy\u00a9<\/span><\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb m\u00eale la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 et la fiction au sein d\u2019un environnement virtuel, dont le genre est rarement repr\u00e9sent\u00e9 en raison de sa complexit\u00e9 \u00e0 mettre en sc\u00e8ne. Cependant, c\u2019est avec virtuosit\u00e9 que le pari est tenu, et cela gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019apport qu\u2019offre la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle. Effectivement, celle-ci permet aux spectateurs d\u2019\u00eatre enti\u00e8rement immerg\u00e9 dans le d\u00e9cor incarnant l\u2019univers spirituel d\u2019Ivy. Les neuf spectateurs, positionn\u00e9s en cercle, se retrouvent ensemble dans ce monde, avec la possibilit\u00e9 d\u2019observer la personne \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de soi. La sensation de collectivit\u00e9 spectatorielle apporte de la cr\u00e9dibilit\u00e9 et de la mat\u00e9rialit\u00e9 \u00e0 la pi\u00e8ce\u2009: nous ne sommes pas seuls \u00e0 voir ce que nous propose notre casque\u2009; tout comme Ivy, \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce, n\u2019est pas seule \u00e0 observer son <em>alter ego<\/em>. Par ailleurs, nous pourrions croire que ce visiocasque nous isolerait et nous d\u00e9connecterait totalement de la r\u00e9alit\u00e9 physique. Cependant, la com\u00e9dienne nous permet de garder en quelque sorte pied \u00e0 terre\u2009: nous entendons sa voix, observons son jeu corporel \u00e0 travers l\u2019avatar d\u2019Ivy, sentons ses mouvements effectu\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 de nous. Cette sph\u00e8re intime mise en place par ces diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments cr\u00e9e le pont entre la virtualit\u00e9 et la r\u00e9alit\u00e9, apportant ainsi un sentiment d\u2019empathie et de proximit\u00e9 envers la protagoniste. En outre, le fait de ressentir ces diff\u00e9rentes \u00e9motions est, en elle-m\u00eame, une sensation humaine et r\u00e9elle, qui nous permet, \u00e0 nouveau, de ne pas nous perdre dans le monde virtuel apport\u00e9 par le visiocasque. Ainsi, \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb propose une porte ouverte au renouveau technologique en poussant &#8211; <em>via<\/em> le rappel de son exp\u00e9rience physique\/humaine &#8211; la r\u00e9flexion du spectateur vis-\u00e0-vis de son quotidien personnel.<\/p>\n<p>Les d\u00e9cors, dont nous devons la sc\u00e9nographie (r\u00e9elle ainsi que virtuelle) \u00e0 Lucie Meyer, ont \u00e9t\u00e9 brillamment pens\u00e9s. \u00c0 l\u2019instant o\u00f9 nous passons la porte d\u2019entr\u00e9e, nous sommes directement immerg\u00e9s dans la pi\u00e8ce et son histoire gr\u00e2ce \u00e0 la sc\u00e9nographie et aux costumes\u2009: sur les 10 chaises positionn\u00e9es en cercle, neuf sont attribu\u00e9es au public et la dixi\u00e8me est le cocon connect\u00e9 d\u2019Ivy. Le tout est mis en sc\u00e8ne dans une ambiance \u00e9pur\u00e9e et minimaliste, rappelant les codes de repr\u00e9sentations des laboratoires de science-fiction. De plus, contrairement \u00e0 un spectacle classique, l\u2019\u00e9quipe sonore, ainsi que la r\u00e9gie ne sont pas cach\u00e9s en coulisse, mais font partie int\u00e9grante du spectacle, incarnant l\u2019entit\u00e9 MOTUM, l\u2019organisme h\u00e9bergeur de Ivy. Tout cela a pour but d\u2019immerger le public dans l\u2019univers fictif de \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb. Ainsi, l\u2019entr\u00e9e du spectateur dans la fiction s\u2019effectue d\u00e8s les premi\u00e8res secondes, et offre la sensation d\u2019une pi\u00e8ce compl\u00e8te et int\u00e8gre. Contrairement \u00e0 un spectacle traditionnel o\u00f9 le public occupe un simple r\u00f4le de spectateur, il fait ici partie de la narration.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1725\" aria-describedby=\"caption-attachment-1725\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-1725\" src=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Dessin.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"331\" srcset=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Dessin.jpg 636w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Dessin-300x249.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1725\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #808080;\"><strong>Espace de la performance dans la phase initiale du projet. Dessin Lucie Meyer\u00a9<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Cependant, le d\u00e9cor r\u00e9el est en nette opposition avec les d\u00e9cors virtuels. Effectivement, le casque de r\u00e9alit\u00e9 virtuelle offre un espace immense qui vient effacer les murs de la salle de spectacle. Ce faisant, nous ne sommes plus dans une pi\u00e8ce, mais dans un espace imaginaire, celui d\u2019Ivy. Parfois, la perspective se d\u00e9forme et tout nous parait tr\u00e8s grand ou tout petit. Des couleurs et des graphismes dynamiques et color\u00e9s nous permettent de d\u00e9couvrir l\u2019avatar de l\u2019h\u00e9ro\u00efne, ainsi que sa vie virtuelle. C\u2019est dans cet univers-ci que la jeune femme se lib\u00e8re et se meut, emportant avec elle son public. L\u2019univers infini qui se profile \u00e0 nous est onirique et offre un champ de mondes imaginaires et peut-\u00eatre possibles ; une porte ouverte \u00e0 la r\u00e9flexion stimul\u00e9e par la beaut\u00e9 du graphisme.<\/p>\n<p>De plus, le jeu tr\u00e8s r\u00e9ussi de la com\u00e9dienne (cette fois-ci, la performance d\u2019Estelle Bridet) accompagne l\u2019immersion du public. Nous ne voyons pas ses expressions faciales distinctement, mais assistons \u00e0 la mise en sc\u00e8ne d\u2019un jeu corporel in\u00e9dit, capt\u00e9 par la combinaison qu\u2019endosse la com\u00e9dienne, lui permettant d\u2019\u00e9voluer dans le monde de r\u00e9alit\u00e9 virtuelle. Son corps danse, marche et s&rsquo;exprime. Il vit. Cela produit une sensation d\u2019espoir, lorsque nous comprenons que Ivy se lib\u00e8re enfin, gr\u00e2ce \u00e0 cette nouvelle technologie. La communication de cette \u00e9nergie est possible principalement par le jeu corporel de la com\u00e9dienne, qui est ma\u00eetris\u00e9 de la t\u00eate au pied.<\/p>\n<p>Enfin, le syst\u00e8me sonore &#8211; sign\u00e9 par Jamel Cencio &#8211; est m\u00e9ticuleusement r\u00e9fl\u00e9chi. Des haut-parleurs se situent tout autour des spectateurs et viennent accentuer l\u2019immersion en cr\u00e9ant un d\u00f4me sonore. Le spectacle se transforme en v\u00e9ritable exp\u00e9rience sensorielle, le tout s\u2019\u00e9quilibrant et se compl\u00e9tant de mani\u00e8re plaisante pour le spectateur.<br \/>L\u2019empathie pour Ivy se d\u00e9veloppe et grandit tout au long de la pi\u00e8ce. C\u2019est principalement sa solitude dans son propre enfermement qui a suscit\u00e9 mon attention. La jeune femme est constamment seule, aussi bien dans sa vie que dans sa qu\u00eate de libert\u00e9 personnelle, dont nous sommes t\u00e9moins. Son h\u00e9bergeur num\u00e9rique et sa psychologue s\u2019opposent \u00e0 Ivy, en la limitant dans ses choix et son \u00e9volution. L\u2019immobilit\u00e9 physique que ressent l\u2019h\u00e9ro\u00efne est par ailleurs transmise au spectateur par une subtile mise en abyme\u2009: Ivy est enferm\u00e9e dans son cocon, avec ses yeux comme seule fen\u00eatre sur le monde\u2009; tout comme le spectateur est immobile sur sa chaise avec son casque RV pour explorer l\u2019univers du personnage. Sa situation est alors partag\u00e9e par le public, et un sentiment de compassion se met en place. Ultimement, la protagoniste est son unique adjuvante au cours de sa qu\u00eate\u2009: lorsque son double, <em>alter ego<\/em>, appara\u00eet, c\u2019est comme si elle se retrouvait elle-m\u00eame. C\u2019est cette rencontre intime avec son identit\u00e9 qui lui permet de se lib\u00e9rer. Ivy voit son double de la m\u00eame mani\u00e8re dont nous voyons son personnage. De ce fait, l\u2019empathie est le fil conducteur de cette pi\u00e8ce, mise en sc\u00e8ne de mani\u00e8re tr\u00e8s po\u00e9tique. Il permet au spectateur de se questionner sur sa propre qu\u00eate identitaire et lib\u00e9ratrice, \u00e9veillant ainsi des symboliques qui nous unissent. Cela permet de cr\u00e9er une sph\u00e8re intime d\u2019\u00e9change et de compassion, entre l\u2019h\u00e9ro\u00efne et le public.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1723\" aria-describedby=\"caption-attachment-1723\" style=\"width: 379px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-1723\" src=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Regie-Cyprien.jpg\" alt=\"\" width=\"379\" height=\"505\" srcset=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Regie-Cyprien.jpg 768w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Regie-Cyprien-225x300.jpg 225w\" sizes=\"(max-width: 379px) 100vw, 379px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1723\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #808080;\"><strong>Cyprien Rausis \u00e0 la r\u00e9gie. Phot. C\u00e9line Ribordy\u00a9<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Enfin, l\u2019apport de la technologie, telle que la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle, au th\u00e9\u00e2tre permet au spectateur de rentrer dans cet univers et de partager ainsi les sentiments de Ivy. Bien que la technologie occupe une grande partie de la performance, la pi\u00e8ce repose sur un \u00e9quilibre d\u00e9licat entre l\u2019histoire, le jeu et le dispositif, qui sont fusionn\u00e9s. La r\u00e9alit\u00e9 virtuelle permet de cr\u00e9er l&rsquo;univers visuel du spectateur dans les d\u00e9cors graphiques, et initie les ondes c\u00e9r\u00e9brales &#8211; \u00ab\u2009brainwaves\u2009\u00bb. Mais c\u2019est l\u2019\u00e9nergie de la com\u00e9dienne, le syst\u00e8me sonore immersif, et les d\u00e9cors minimalistes physiques qui permettent de produire des \u00e9motions.<\/p>\n<p>Finalement, la fusion de la technologie avec le th\u00e9\u00e2tre est un aspect tr\u00e8s int\u00e9ressant dans le spectacle que propose le RGB Project. C\u2019est cet \u00e9quilibre qui permet un apport au r\u00e9cit fictif et offre un terrain de jeux int\u00e9ressant. Cependant, cette pi\u00e8ce ne serait pas r\u00e9alisable sans la r\u00e9alit\u00e9 physique du th\u00e9\u00e2tre, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un art vivant. C\u2019est ce dernier qui apporte une pr\u00e9sence humaine immanquable au partage du r\u00e9cit. Quant au virtuel, il propose une touche originale de fraicheur et d\u2019innovation, et ouvre la porte \u00e0 un univers magnifique et magnifi\u00e9. Le spectacle vivant et l\u2019esth\u00e9tique num\u00e9rique combin\u00e9s, constituent cette pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre originale, fa\u00e7onn\u00e9e par les nouveaut\u00e9s technologiques et la fiction, stimulant l\u2019\u00e9motion du spectateur.<\/p>\n<p><span style=\"color: #008080;\"><strong>Gemma Arduini<\/strong> <\/span>est actuellement \u00e9tudiante en histoire de l\u2019art et en histoire et esth\u00e9tique du cin\u00e9ma \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne. Elle se penche sur les interactions et fronti\u00e8res entre diff\u00e9rents mediums et expressions d\u2019art au sein d\u2019univers culturels vari\u00e9s. Elle collabore avec \u00ab\u00a0Critiques\u00a0\u00bb depuis 2022.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p><span style=\"color: #800080;\"><strong>\u2044\u2044\u2044 Entretien<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Jouer avec un avatar virtuel<\/strong><br \/><strong>Entretien avec Estelle BRIDET r\u00e9alis\u00e9 par Gemma ARDUINI\u00a9<\/strong><\/p>\n<p><em>Jeune com\u00e9dienne valaisanne de 27 ans, Estelle Bridet a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 la Manufacture \u00e0 Lausanne entre 2016 et 2019. Depuis, elle exerce le m\u00e9tier de com\u00e9dienne et joue dans de nombreux spectacles plus classiques aussi bien qu&rsquo;innovants, tels que \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb. Estelle Bridet a remport\u00e9 le Prix sp\u00e9cial 2022 dans le cadre du Prix Swissperform des Journ\u00e9es de Soleure pour sa performance dans la s\u00e9rie de L\u00e9a Fazer, \u00ab\u00a0Sacha\u00a0\u00bb. Le pr\u00e9sent entretien a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion du spectacle \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb qui allie art de la sc\u00e8ne et nouvelles technologies. Notre discussion a eu lieu apr\u00e8s la repr\u00e9sentation dans le cadre du Numerik Games Festival \u00e0 Yverdon-les-Bains, le 28 ao\u00fbt 2022.<br \/><\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_1708\" aria-describedby=\"caption-attachment-1708\" style=\"width: 305px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-1708\" src=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Estelle-Bridet_Lisa-Lesourd.jpg\" alt=\"\" width=\"305\" height=\"457\" srcset=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Estelle-Bridet_Lisa-Lesourd.jpg 457w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Estelle-Bridet_Lisa-Lesourd-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 305px) 100vw, 305px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1708\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #808080;\"><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Estelle Bridet. Phot. Lisa Lesourd\u00a9<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Gemma Arduini<\/strong>\u2009: En tant que com\u00e9dienne, comment vivez-vous l\u2019exp\u00e9rience \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb\u2009? Votre rapport au corps et \u00e0 l\u2019espace change-t-il par rapport \u00e0 d&rsquo;autres repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales plus traditionnelles ?<br \/><strong>Estelle Bridet<\/strong>\u2009: Plus jeune, j\u2019ai longtemps pratiqu\u00e9 la danse classique. Ainsi, faire quelque chose de mon corps, apprendre \u00e0 l\u2019utiliser m\u2019a beaucoup aid\u00e9e. Ici, je me retrouve devant un public de seulement neuf personnes qui portent des casques de r\u00e9alit\u00e9 virtuelle\u2009: il ne me voit pas directement et je ne vois pas leurs yeux non plus. Cette condition est comme un jeu de dessin anim\u00e9, o\u00f9 il faut\u00a0 styliser tous les mouvements du corps, beaucoup plus que dans la r\u00e9alit\u00e9. C\u2019est cela qui pour moi \u00e9tait diff\u00e9rent.<br \/><strong>G. A.<\/strong>\u2009: Plus pr\u00e9cis\u00e9ment avec le personnage d\u2019Ivy, est-ce que vous arrivez \u00e0 vous identifier et \u00e0 l\u2019incarner comme vous le faites avec un personnage de spectacle classique? Il y a ici cette mise en sc\u00e8ne qui se passe derri\u00e8re des casques et un costume sp\u00e9cifique. Comment vous sentez-vous par rapport \u00e0 cette protagoniste\u2009?<br \/><strong>E. B.<\/strong>\u2009: Nous avons, d\u2019une certaine mani\u00e8re, cr\u00e9\u00e9 le personnage de Ivy ensemble, avec le metteur en sc\u00e8ne [Christophe Burgess]. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il y a plusieurs images qui viennent de mon imaginaire ou qui sont inspir\u00e9es de ma propre enfance, le d\u00e9cor aquatique, par exemple. Heureusement, je n\u2019ai jamais eu d\u2019accident comme l\u2019a v\u00e9cu Ivy, mais le metteur en sc\u00e8ne m\u2019a toujours demand\u00e9 de prendre le temps de me poser la question et de m&rsquo;imaginer comment je me sentirais, si cela m&rsquo;arrivait. En revanche, c\u2019est vrai que le public n\u2019a pas tous les d\u00e9tails de mon expression, de mon ressenti, \u00e0 cause de la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle. Il y a des moments o\u00f9 je peux me permettre de \u00ab\u00a0tricher\u00a0\u00bb. Je pense que tout cela passe beaucoup par la voix, par des petits mouvements de mains qui peuvent montrer, par exemple, que je suis tendue, ou pas. Je transmets des signaux physiques que je ne suis peut-\u00eatre pas en train de traverser \u00e0 ce moment m\u00eame. Tandis que dans la r\u00e9alit\u00e9, nous le verrions tout simplement. J\u2019ai quand m\u00eame l\u2019impression qu\u2019on ne peut pas mentir. Le fait qu\u2019il y ait la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle entre le public et moi m\u2019oblige \u00e0 transmettre une vraie \u00e9motion, \u00e0 \u00eatre sinc\u00e8re, au moins au niveau du rythme, sinon \u00e7a ne passerait pas.<br \/><strong>G. A<\/strong>\u2009: Avez-vous l\u2019impression que la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle cr\u00e9e une barri\u00e8re avec le public, ou bien \u00e0 l\u2019inverse cr\u00e9e-t-elle de la proximit\u00e9\u2009?<br \/><strong>E. B.<\/strong>\u2009: Lors des premi\u00e8res repr\u00e9sentations, c\u2019\u00e9tait \u00e9trange. Puisque c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que j\u2019\u00e9tais confront\u00e9e \u00e0 un public parfois inexpressif. Les spectateurs \u00e9taient tr\u00e8s pris par cette nouvelle exp\u00e9rience du virtuel, et je ne savais pas s\u2019ils \u00e9taient avec moi ou non. Finalement, en sortant du spectacle, j\u2019avais des retours tr\u00e8s positifs, ils l&rsquo;avaient v\u00e9cu de mani\u00e8re forte. J\u2019ai compris que le spectacle \u00e9tait bien re\u00e7u par le public, m\u00eame si, en tant que com\u00e9dienne, on ne le ressent pas forc\u00e9ment. Au fur et \u00e0 mesure, j\u2019ai remarqu\u00e9 que la mani\u00e8re dont est \u00e9crit le spectacle et le r\u00f4le d\u2019 Ivy, est fait pour que l\u2019on s\u2019attache au personnage, pour qu\u2019on puisse avoir de la compassion, comprendre ce qu\u2019elle vit. Notamment au d\u00e9but de la pi\u00e8ce, par exemple, lorsque j\u2019explique au public et que je rigole avec lui. J\u2019ai quand m\u00eame l\u2019impression d\u2019avoir les gens avec moi. Du moins, j\u2019ai de mieux en mieux rencontr\u00e9 ce personnage et j\u2019ai de plus en plus confiance en la sensibilit\u00e9 de ce qui se joue.<br \/><strong>G. A.<\/strong>\u2009: Est-ce que la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle est un outil qui vous attire dans sa conception d\u2019un univers virtuel partag\u00e9\u2009? S\u2019agit-il, selon vous, d\u2019un nouveau terrain de jeu, presque infini en mati\u00e8re d\u2019espace, pour les com\u00e9diens et com\u00e9diennes\u2009? Ou alors pr\u00e9f\u00e9rez-vous une sc\u00e8ne r\u00e9elle, physique ?<br \/><strong>E. B.<\/strong>\u2009: J\u2019ai l\u2019impression que je ne pourrais pas r\u00e9pondre de mani\u00e8re claire \u00e0 cette question, car il faut des deux. Nous sommes en 2022, il y a de nouvelles technologies qui arrivent et c\u2019est tr\u00e8s int\u00e9ressant de les d\u00e9velopper et de les d\u00e9couvrir. J\u2019ai une chance \u00e9norme de pouvoir y participer, car c\u2019est quelque chose de tr\u00e8s innovant. Cependant, nous ne pouvons pas nous passer du r\u00e9el non plus. Nous pouvons avoir les deux, le r\u00e9el et le virtuel, et nous rendre compte que m\u00eame dans le virtuel il y a la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre touch\u00e9s. Sans oublier qu\u2019aujourd\u2019hui il y a aussi certains probl\u00e8mes avec le virtuel, comme des addictions. Cette condition peut couper les gens de la r\u00e9alit\u00e9, et cela peut mener \u00e0 des troubles du comportement, par exemple. N\u00e9anmoins, r\u00e9aliser qu\u2019avec le th\u00e9\u00e2tre virtuel nous pouvons changer cela et cr\u00e9er de vraies \u00e9motions, ainsi qu\u2019un v\u00e9ritable partage avec une ou un com\u00e9dien pr\u00e9sent sur sc\u00e8ne, c\u2019est tr\u00e8s beau.<br \/>Peut-\u00eatre que \u00e7a m\u2019int\u00e9resserait moins d\u2019aller enregistrer quelque chose et que le spectacle se joue \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, avec une image enregistr\u00e9e qui me repr\u00e9sente. Tandis que, si je suis pr\u00e9sente \u00e0 chaque repr\u00e9sentation et que je dois de le faire avec du r\u00e9el, on casse un peu quelque chose du virtuel.<br \/><strong>G. A.<\/strong>\u2009: Le th\u00e9\u00e2tre virtuel est-il le futur du th\u00e9\u00e2tre\u2009? Ou plut\u00f4t une branche qui va venir s\u2019ajouter \u00e0 ce qui est d\u00e9j\u00e0 propos\u00e9\u2009?<br \/><strong>E. B.\u2009<\/strong>: Je pense qu\u2019il s\u2019agit de quelque chose qui va venir s\u2019ajouter. Je ne pense pas que le th\u00e9\u00e2tre puisse se perdre. Nous avons v\u00e9cu la pand\u00e9mie du Covid-19, il y a eu toutes ces barri\u00e8res impos\u00e9es, et malgr\u00e9 tout je pense que le th\u00e9\u00e2tre avec une pr\u00e9sence r\u00e9elle est plus fort que tout, et qu\u2019il fait beaucoup de bien aux gens. Le th\u00e9\u00e2tre virtuel est plut\u00f4t une nouvelle forme qui s\u2019ajoute \u00e0 ce qu\u2019on conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 et qui va se d\u00e9velopper de plus en plus. Tout comme la technologie qui sera elle aussi plus performante. Nous pourrons faire de grandes choses, mais \u00e7a ne va pas remplacer le th\u00e9\u00e2tre traditionnel, j\u2019en suis presque s\u00fbre.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1709\" aria-describedby=\"caption-attachment-1709\" style=\"width: 821px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-1709\" src=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Image1.jpg\" alt=\"\" width=\"821\" height=\"547\" srcset=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Image1.jpg 605w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Image1-300x200.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 821px) 100vw, 821px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1709\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #808080;\"><strong>Estelle Bridet comme Ivy. Phot. C\u00e9line Ribordy\u00a9<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>G. A.<\/strong>\u2009: Pour terminer, avez-vous des projets avec la m\u00eame \u00e9quipe du RGB Project ou alors dans ce m\u00eame univers virtuel\u2009?<br \/><strong>E. B.<\/strong>\u2009: Mes projets futurs qui touchent au virtuel sont avec cette m\u00eame \u00e9quipe du RGB Project. C\u2019est \u00e0 nouveau Christophe Burgess qui m\u2019a demand\u00e9 de participer \u00e0 son prochain projet, dans lequel il y aura certainement plus d\u2019interaction avec le public et o\u00f9 nous serons plusieurs sur sc\u00e8ne. Par ailleurs, je crois qu\u2019il n\u2019y a pas beaucoup de troupes qui travaillent le virtuel de la m\u00eame mani\u00e8re, cela ne m\u2019\u00e9tonne pas que ce soit toujours la m\u00eame \u00e9quipe.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Le 28 ao\u00fbt 2022, Yverdon-les-Bains, Numerik Games Festival<\/em><br \/><em>Transcription par Gemma Arduini<\/em><br \/><em>Entretien relu et autoris\u00e9 par Estelle Bridet<\/em><\/p>\n<p><span style=\"color: #008080;\"><strong>Estelle Bridet<\/strong> <\/span>a \u00e9tudi\u00e9 au Conservatoire de musique de Gen\u00e8ve en fili\u00e8re pr\u00e9professionelle d\u2019art dramatique, avant d\u2019int\u00e9grer en 2016 le cursus de Bachelor Th\u00e9\u00e2tre de la Manufacture, \u00e0 Lausanne. Suite de sa formation en 2019, elle s\u2019engage pour toute la saison suivante dans plusieurs projets th\u00e9\u00e2traux, notamment en tant que com\u00e9dienne dans le projet pluridisciplinaire \u00ab\u00a0OperaLab.ch\u00a0\u00bb encadr\u00e9 par le GTG, la Com\u00e9die de Gen\u00e8ve, plusieurs Hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es et la Manufacture de Lausanne. La saison 2020-2021 est pour elle marqu\u00e9e par un r\u00f4le principal dans une s\u00e9rie RTS \u00ab\u00a0Sacha\u00a0\u00bb (prix de Swissperform) et par l\u2019assistanat de Pascal Rambert \u00e0 la mise en sc\u00e8ne de \u00ab\u00a0STARs\u00a0\u00bb en f\u00e9vrier 2021. Son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019expression corporelle, l\u2019envie d\u2019exploiter les diff\u00e9rentes langues et langages et sa curiosit\u00e9 des nouvelles mani\u00e8res de voir le th\u00e9\u00e2tre lui vaut sa place d\u2019interpr\u00e8te dans le projet innovant sur la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle du com\u00e9dien et metteur en sc\u00e8ne Christophe Burgess cette m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #800080;\">\u2044\u2044\u2044 Critique 2.<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb ou l\u2019exp\u00e9rience immersive aux strates de<br \/>r\u00e9alit\u00e9s plurielles : tangible, m\u00e9di\u00e9e et virtuelle<br \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Auteure: Lola MUKUNA\u00a9<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Brainwaves \u00bb est une performance mettant en sc\u00e8ne Ivy, jeune femme atteinte du syndrome d\u2019enfermement, qui acc\u00e8de \u00e0 un corps num\u00e9rique. Ceci est possible <em>via<\/em> un programme informatique apr\u00e8s avoir accept\u00e9 d\u2019\u00eatre directement connect\u00e9e \u00e0 une interface neuronale con\u00e7ue par l\u2019entreprise de m\u00e9decine exp\u00e9rimentale MOTUM. Ainsi, affranchie de ses contraintes corporelles, Ivy invite le public \u00e0 se laisser guider, muni d\u2019un casque de r\u00e9alit\u00e9 virtuelle (RV), dans l\u2019univers qu\u2019elle a mentalement con\u00e7u. La mise en sc\u00e8ne positionne le public au centre de tensions, entre la pr\u00e9sence physique de l\u2019actrice performant dans l\u2019espace sc\u00e9nique r\u00e9el et l\u2019avatar num\u00e9ris\u00e9 \u00e9voluant gr\u00e2ce \u00e0 la capture de mouvement dans le monde virtuel. De cette mani\u00e8re, \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb est un essai[1] exp\u00e9rimental r\u00e9ussi o\u00f9 diverses strates de r\u00e9alit\u00e9s se confondent et dialoguent dans une atmosph\u00e8re tant\u00f4t technophile, tant\u00f4t technophobe.<\/p>\n<p>Int\u00e9grant l\u2019image num\u00e9rique et la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle \u00e0 la performance th\u00e9\u00e2trale traditionnelle, \u00ab Brainwaves \u00bb sonde les possibles nouvelles formes de narration qu\u2019art sc\u00e9nique et technologie peuvent articuler. D\u00e9passant ainsi la simple d\u00e9monstration technique, le r\u00e9sultat engendr\u00e9 par le m\u00e9lange des arts \u00e0 l\u2019\u00e9gard du r\u00e9cit, donne lieu \u00e0 un m\u00e9tadiscours explorant des th\u00e9matiques telles que notre rapport \u00e0 l\u2019identit\u00e9, la sant\u00e9 mentale ou encore la technocratie.<\/p>\n<p>Le travail de l\u2019immersion, crit\u00e8re fondamental vis-\u00e0-vis du rapport du spectateur \u00e0 la performance, d\u00e9bute avant m\u00eame l\u2019entr\u00e9e en salle par la prise en charge de Marc (interpr\u00e9t\u00e9 par Michael Goodchild), auxiliaire du personnel MOTUM. Il est en tenue blanche, avec des Crocs aux pieds et d\u00e9sinfectant \u00e0 la main et accueille le public. Relativement \u00e9pur\u00e9, l&rsquo;am\u00e9nagement de l&rsquo;espace th\u00e9\u00e2tral consiste en neuf chaises transparentes dispos\u00e9es circulairement et chacune \u00e9quip\u00e9es d\u2019un casque de r\u00e9alit\u00e9 virtuelle. Le dixi\u00e8me si\u00e8ge compl\u00e9tant le cercle se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019une chrysalide artificiellement raccord\u00e9e au r\u00e9seau de c\u00e2blages lumineux, enchev\u00eatr\u00e9 dans l\u2019ensemble de la salle. C\u2019est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ce cocon, lui-m\u00eame connect\u00e9 \u00e0 une plante, que se trouve Ivy immobile, interpr\u00e9t\u00e9e en alternance par les com\u00e9diennes Estelle Bridet et Lisa Courvallet. Prenant place dans le cadre du Numerik Games Festival dans l\u2019une des salles du ch\u00e2teau d\u2019Yverdon-les-Bains, le d\u00e9cor blanc \u00e0 large bandeaux noirs offre la vision o\u00f9 collisionne l\u2019ossature de la machinerie n\u00e9cessaire \u00e0 la performance et l\u2019architecture s\u00e9culaire de l\u2019\u00e9difice. Nous voyons l&rsquo;enchev\u00eatrement de c\u00e2bles blancs[2], poutres apparentes, ordinateurs, chandeliers, casques RV, r\u00e9gie de contr\u00f4le et mobilier ancien qui co\u00efncident en un m\u00eame lieu. La machinerie fait ainsi partie int\u00e9grante du d\u00e9cor et la sp\u00e9cificit\u00e9 sc\u00e9nographique se caract\u00e9rise par une volont\u00e9 d\u2019exhiber le dispositif technologique.<\/p>\n<p>L\u2019auxiliaire de MOTUM explique cette \u00ab\u00a0technologie non intrusive\u00a0\u00bb tandis qu\u2019un air de jazz s\u2019\u00e9l\u00e8ve dans le fond. L\u2019atmosph\u00e8re se veut rassurante. Une fois les casques mis en place et le public visuellement int\u00e9gr\u00e9 dans l\u2019univers virtuel MOTUM, la technologique dans la salle du ch\u00e2teau s\u2019\u00e9vapore pour laisser place \u00e0 un d\u00e9cor virtuel blanc. Il est minimaliste et \u00e9voque les centres m\u00e9dicaux pour personnes fortun\u00e9es. Puis, c\u2019est une s\u00e9rie d\u2019univers surr\u00e9alistes \u2013 constitu\u00e9s tant par des lieux imaginaires que par des paysages oniriques aux couleurs satur\u00e9es \u2013 qui d\u00e9filent dans le monde num\u00e9rique de Ivy. Elle est virtuellement repr\u00e9sent\u00e9e par un avatar humano\u00efde bleu, au corps \u00e0 mi-chemin entre une femme et une enfant. Les ing\u00e9nieurs responsables de la r\u00e9gie synchronisent non seulement les environnements du jeu mais aussi les transitions, la vision des utilisateurs (<em>via<\/em> les casques RV) ou encore la musique. Somme toute, l\u2019int\u00e9gration de la technologie immersive dans le travail sc\u00e9nique s\u2019articule donc entre la sc\u00e9nographie du monde tangible d\u2019une part et virtuel de l\u2019autre.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1706\" aria-describedby=\"caption-attachment-1706\" style=\"width: 822px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-1706\" src=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/NG-2022-SA-Talos-95.jpeg\" alt=\"\" width=\"822\" height=\"549\" srcset=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/NG-2022-SA-Talos-95.jpeg 1200w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/NG-2022-SA-Talos-95-300x200.jpeg 300w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/NG-2022-SA-Talos-95-1024x684.jpeg 1024w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/NG-2022-SA-Talos-95-768x513.jpeg 768w\" sizes=\"(max-width: 822px) 100vw, 822px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1706\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #808080;\"><strong>Actrice (Lisa Courvallet) jouant Ivy au Numeric Game Festival. Phot. RGB Project\u00a9<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>De surcroit, l\u2019espace \u2013 comme composante dramaturgique essentielle \u2013 orchestre une tension particuli\u00e8re qu\u2019impliquent les diff\u00e9rentes strates de r\u00e9alit\u00e9 entre la pr\u00e9sence physique de l\u2019actrice et l\u2019univers num\u00e9rique se d\u00e9ployant sous les yeux du public. Le personnage d\u2019Ivy est divis\u00e9 entre l\u2019incarnation de son avatar dans le monde virtuel et son incarnation corporelle dans le monde physique. Ceci est possible gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019actualisation des sons, de la simulation virtuelle et \u00e0 la simple pr\u00e9sence de la com\u00e9dienne. En cela, sa place constitue un lien entre les plateaux du monde r\u00e9el et virtuel. C&rsquo;est un des enjeux centraux du processus immersif vis-\u00e0-vis du public puisqu\u2019il s\u2019agira, et ce tout au long de la performance, de jouer sur la pr\u00e9sence simultan\u00e9e de l\u2019acteur et de l\u2019avatar.<\/p>\n<p>L\u2019interaction avec le public s\u2019effectue pour le reste majoritairement \u00e0 sens unique, tant par l&rsquo;adresse verbale directe que par les mouvements de l&rsquo;actrice. Elle \u00e9volue librement dans l\u2019espace sc\u00e9nique d\u00e9limit\u00e9 par le cercle de chaises et fait sentir sa pr\u00e9sence par \u00ab\u00a0l&rsquo;air qui bouge\u00a0\u00bb. La com\u00e9dienne a d\u00fb cr\u00e9er un nouveau type de jeu pour \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb. Elle m&rsquo;a expliqu\u00e9 apr\u00e8s la repr\u00e9sentation que le personnage de Ivy, bien qu\u2019humano\u00efde, n\u00e9cessitait une gestuelle particuli\u00e8re pour l\u2019habiter. Les mouvements sont gracieux et se rapprochent presque de ceux de personnages de dessin anim\u00e9. Par ailleurs, d\u00e8s lors que le corps de la com\u00e9dienne est mod\u00e9lis\u00e9 et visionn\u00e9 \u00e0 travers le casque (gr\u00e2ce \u00e0 une combinaison noire dot\u00e9e de capteurs reli\u00e9s aux ordinateurs qui mod\u00e9lisent son avatar dans l\u2019univers RV), la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle permet de modifier le jeu de sc\u00e8ne. Cette modification suscite des questions sur ses implications vis-\u00e0-vis du travail d&rsquo;interpr\u00e9tation de l\u2019acteur dans une forme qui croise des arts et qu&rsquo;on nomme aujourd&rsquo;hui \u00ab\u00a0l&rsquo;interm\u00e9dialit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Vis-\u00e0-vis des diverses th\u00e9matiques explor\u00e9es, quelques r\u00e9f\u00e9rences me viennent \u00e0 l&rsquo;esprit en regardant cette performance. Premi\u00e8rement, la chrysalide constitue le renvoi le plus explicite au long-m\u00e9trage \u00ab Le scaphandre et le papillon \u00bb de Julian Schnabel tourn\u00e9 en 2007, dans la mesure o\u00f9 le film tout comme la performance travaillent, avec les ressources qu\u2019offrent chacun des m\u00e9diums (le cin\u00e9ma pour l\u2019un, le casque RV pour l\u2019autre), l\u2019attribution d\u2019un point de vue unique d\u2019un protagoniste atteint du syndrome d\u2019enfermement. Puis, le nom \u00ab Ivy \u00bb peut faire allusion au personnage de Lucy du film de SF \u00e9ponyme \u00ab Lucy \u00bb de Luc Besson (2014) qui, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre fait inject\u00e9e une drogue exp\u00e9rimentale, dispose de capacit\u00e9s c\u00e9r\u00e9brales d\u00e9cupl\u00e9es. L\u2019alliance m\u00e9decine-technologie nourrissant le projet capitaliste de MOTUM visant \u00e0 l\u2019exploitation du r\u00e9seau internet comme rem\u00e8de aux n\u00e9vroses contemporaines ne serait pas sans rappeler l\u2019univers de la s\u00e9rie Netflix \u00ab Black Mirror\u00a0\u00bb qui traite des d\u00e9rives possibles et probables de la technologie. Le M\u00e9tavers de Marc Zuckerberg \u00e0 l\u2019\u00e8re de la technocratie peut \u00e9galement devenir une r\u00e9f\u00e9rence importante. Finalement, la mention d\u2019une \u00ab\u00a0cyber psychanalyse\u00a0\u00bb \u2013 visuellement mat\u00e9rialis\u00e9e par un immense rocher, nomm\u00e9e la Citadelle, repr\u00e9sente l\u2019inconscient d\u2019Ivy. Il th\u00e9matise la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019autrui pour reconna\u00eetre son exp\u00e9rience de vie (et donc exister) et constituerait notamment une r\u00e9f\u00e9rence au propos sartrien[3]. Face \u00e0 la psych\u00e9 humaine, Ivy confesse avant de s\u2019\u00e9chapper du programme que sans le regard du public, sa lib\u00e9ration ne se distinguerait point du r\u00eave ; admettant ainsi que sans le regard du public t\u00e9moin, son exp\u00e9rience n\u2019aurait comme jamais exist\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1704\" aria-describedby=\"caption-attachment-1704\" style=\"width: 816px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-1704\" src=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/4.png\" alt=\"\" width=\"816\" height=\"504\" srcset=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/4.png 2848w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/4-300x185.png 300w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/4-1024x632.png 1024w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/4-768x474.png 768w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/4-1536x949.png 1536w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/4-2048x1265.png 2048w, https:\/\/theatreinprogress.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/4-1260x778.png 1260w\" sizes=\"(max-width: 816px) 100vw, 816px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1704\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #808080;\"><strong>Image num\u00e9rique de la Citadelle vue dans le casque RR par le public. Image de ZEROTERA\u00a9<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb : technophobe ou technophile ? La trame narrative se d\u00e9veloppe autour du tiraillement que traverse Ivy entre son corps r\u00e9el, caract\u00e9ris\u00e9 par un enfermement physique, et son avatar virtuel, capable de naviguer librement gr\u00e2ce \u00e0 la ma\u00eetrise de l\u2019in\u00e9puisable codage d\u2019internet. Seulement, apr\u00e8s une premi\u00e8re phase d\u2019euphorie et d\u2019exp\u00e9rimentation, Ivy r\u00e9alise que cet espace virtuel suppos\u00e9ment infini est pourtant dot\u00e9 de limites : physiquement rattach\u00e9e \u00e0 une machine et d\u00e9pourvue de r\u00e9elles connections humaines, elle con\u00e7oit, que son monde factice ne saurait pallier le monde sensible. Forc\u00e9e de puiser en elle-m\u00eame pour obtenir r\u00e9ponse, la performance prend fin suite \u00e0 la fuite d\u2019Ivy (ayant trouv\u00e9 une \u00e9chappatoire dans une faille du programme informatique) qui se concr\u00e9tise, une fois le casque RV retir\u00e9 par le public, par la d\u00e9couverte d\u2019une chrysalide vide dans la salle.<\/p>\n<p>La performance immersive \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb propose une exp\u00e9rience au confluent des m\u00e9dias o\u00f9 la technologie intervient comme un apport \u00e0 la performance th\u00e9\u00e2trale traditionnelle. En outre, le m\u00e9lange des arts se veut d\u2019autant plus significatif que le format m\u00eame du dispositif sc\u00e9nique. Ce dernier provoque les questionnements vis-\u00e0-vis de la place de l\u2019homme dans nos soci\u00e9t\u00e9s qui tendent \u00e0 une num\u00e9risation croissante de nos donn\u00e9es et, par extension, de nos vies.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref1\">[1]<\/a> Aux niveaux pratique, technique et budg\u00e9taire, \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb est un projet exp\u00e9rimental&nbsp;qui, comme le souligne Christophe Burgess, \u00ab&nbsp;n\u00e9cessite un budget de cin\u00e9ma avec une production de jeux vid\u00e9o dans une r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;art vivant qui ne dispose ni de temps ni d&rsquo;argent&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref2\">[2]<\/a> En de\u00e7\u00e0 d\u2019un potentiel f\u00e9tiche esth\u00e9tique de la machinerie, ceux-ci remplissent tous une fonction pratique n\u00e9cessaire au d\u00e9roulement de la performance. Il ne s\u2019agit donc nullement de simples fioritures d\u00e9coratives.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref4\">[3]<\/a> Jean-Paul Sartre, <em>L\u2019\u00eatre et le n\u00e9ant&nbsp;: essai d&rsquo;ontologie ph\u00e9nom\u00e9nologique <\/em>[1943]&nbsp;; Ed. corrig\u00e9e avec index \/ par Arlette Elka\u00efm-Sartre, Paris : Gallimard, 2017, p. 485.<\/p>\n\n\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #008080;\"><strong>Lo<\/strong><strong>la Mukuna<\/strong> <span style=\"color: #000000;\">poursuit son Master Lettres en litt\u00e9rature anglaise et Histoire et esth\u00e9tique du cin\u00e9ma \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne. Elle collabore avec \u00ab\u00a0Critiques\u00a0\u00bb depuis 2022.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p><span style=\"color: #008080;\"><strong>Pour citer le Dossier critique 2:<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Gemma Arduini, Brainwaves, <em>un spectacle immersif entre deux mondes<\/em><\/p>\n<p>Gemma Arduini,\u00a0 <em>Jouer avec un avatar virtuel. Entretien avec Estelle Bridet<\/em><\/p>\n<p>Lola Mukuna, Brainwaves<em> ou l\u2019exp\u00e9rience immersive aux strates de r\u00e9alit\u00e9s plurielles : tangible, m\u00e9di\u00e9e et virtuelle<\/em><\/p>\n\n\n<p><strong>in Critiques. Regard sur la technologie dans le spectacle vivant. Carnet en ligne de Theatre in Progress, in Web : https:\/\/theatreinprogress.ch\/?p=1691, mis en ligne le 7 octobre 2023<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DOSSIER CRITIQUE 2 Performance immersive \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb r\u00e9alis\u00e9 par RGB Project Dossier coordonn\u00e9 par Gemma ARDUINI CRITIQUES. Regard sur la technologie dans le spectacle vivant. Carnet en ligne de Theatre in Progress avec Comit\u00e9 de lecture (pour Dossier critique 2 : Gemma Arduini, Claude Beyeler, Allan Kevin Bruni, Lola Mukuna, Anne-Charlotte Neidig, R\u00e9becca Pierrot, Izabella Pluta)&hellip; <\/p>\n<p class=\"toivo-read-more\"><a href=\"https:\/\/theatreinprogress.ch\/?p=1691\" class=\"more-link\">Lire la suite <span class=\"screen-reader-text\">de<\/span> <span class=\"screen-reader-text\">Dossier critique 2: \u00ab\u00a0Brainwaves\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1724,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[13,4],"tags":[218,227,59,221,216,226,217,215,222,219,223,225,214,213,220,224],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1691"}],"collection":[{"href":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1691"}],"version-history":[{"count":47,"href":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1691\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1873,"href":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1691\/revisions\/1873"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1724"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1691"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1691"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/theatreinprogress.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1691"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}